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LA VIDEO DU TRAIL HIVERNAL 2018

RDV pris de longue date pour cette course sur mes terres natales et de cœur puisque je mijotais de m'y inscrire depuis la 1ere édition en 2012.

J'ai pris mon temps pour apprendre au fur et à mesure des courses et laisser le bon moment arriver entre vie professionnelle et familiale.

utpma1Inscription le 1er décembre. Une prépa sans déboire physique. Une dernière sieste de 2 heures. Ligne de départ samedi 16 juin 00h01.

Les femmes sont mises à l'honneur en 1ère ligne. Il y a un monde fou, le feu d'artifice, la musique, les flashs prêts à crépiter, les fumigènes qui manquent de nous asphyxier (on en rigole avec les autres filles), plein de têtes connues. J'en profite un max pour mon 1er ultra et j'ai beaucoup d'envie avec un objectif terminer et, si possible, entre 18 et 20 heures.

Top départ!

Ne pas partir trop vite car les 17 km jusqu'à velzic sont juste vallonnés. Les hommes piaillent mais çà ne durera pas. Le contraste est saisissant entre le monde bruyant déguisé à chaque croisée de route et le silence de la nuit quelques mêtres plus loin seulement brisé par le bruit des respirations, des bâtons et des cloches des salers et aubrac qui nous accompagnent, bienveillantes, le long de la montée du Courpou sauvage. Je me retourne pour admirer le fil de vie des frontales sur la crête. Il est 4h30 du mat en haut de l'Elancèze, les 1eres lueurs du jour commencent à poindre sur le plomb et le puy mary. Que c'est beau!

Je me concentre sur les pieds car les pluies des dernières semaines ont détrempé le sol: boue et cailloux hyperglissants. Cela ne m'empêchera pas de m'offrir 3-4 belles glissades sans conséquences.

J'arrive au pertus km 33,155 eme position en 5 heures. Les voyants sont au vert. L'ambiance est géniale au son de la cabrette. Les accompagnants sont mélangés sous la tente de ravito aux coureurs dans un joyeux brouhaha façon bodega. Ceux partis trop vites stoppent déjà leur progression.

Direction Le lioran, base de vie, 19 km plus loin. Je supporte la veste avec la fraicheur du lever du jour. La montée de l'Arpon sans bâtons nous attend, chronométrée mais c'est anecdotique car ce n'est pas le moment de se griller. On m'annonce 4eme au pied de la montée loin de la 3eme, 45 minutes devant. Je retrouve François au Plomb dans le brouillard. Il a décidé de filmer les filles et il ne cessera de jouer au "chien fou" sous forme d'aller-retours pour venir à ma rencontre et assurer mon assistance. 60km au total pour lui!

Super-Lioran, km 53, 8H26, 116 ème. Toujours beaucoup de monde. Une soupe, du melon et çà repart pour une portion vraiment difficile. La montée du bec de l'aigle, le contournement du téton de vénus et du Bataillouse à la demande du parc nous rajoutant de la distance, le Puy Mary sans bâtons, la traversée en dévers sous la route, le Chavaroche et pour finir la descente du Piquet où je me "refais la cerise".

Mandailles: KM 73, 12h37, 96 eme. Je croise Maddy et les enfants qui m'encourage. François est aux petits soins. Sac prêt. Soupe, melon. Il n'y a que çà qui passe. La montée qui suit jusqu'à Cabrespine est vraiment terrible pour moi. Le corps ne comprend pas ce qui lui arrive et la tête a sommeil. Mais je sais que çà peut passer aussi vite que c'est venu. La descente jusqu'aux magnifiques gorges de la Jordanne me donne raison. J'arrive à Lascelles km 88, 15h47, 78 eme.

Pour la 1ere fois, je me dis que je vais arriver au bout sauf blessure.Je redouble de vigilance en descente. Je souffre dans les montées qui restent: quelques raidillons de 100 à 200 m de déniv mais qui me paraissent bien plus. Il faut relancer sur le plat et en descente.

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Arrivée à Saint simon, Km 100, 17h50, 81 ème. Il y a encore beaucoup de monde pour encourager. Les bénévoles sont adorables. Je plaisante avec François. Il reste 8 km dont 4 de bitume, propriétaire récalcitrant oblige, ce qui rallonge le parcours de 2 km au total.

L'arrivée sur Aurillac se fait à l'heure de l'apéro, les terrasses des cafés sont pleines. Le parcours traverse le centre ville. Je ne sens plus le mal aux jambes ni à la tête. Anaïs et Adèle font les derniers mêtres avec moi.

Clap de fin: 108 km,5500m D+,18h54, 81 eme scratch, 4eme fille à 1h30 de la 3eme.

Mon 1er ultra fini gardera une saveur particulière à domicile.  J'ai beaucoup appris et ai encore un peu la tête dans les étoiles des paysages, des sensations et des personnes rencontrées.

Merci aux organisateurs et bénévoles qui permettent à ce RDV incontournable du trail auvergnat d'exister.

Mention spéciale à François, parfait dans son rôle d'assistant-caméraman-coureur....

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