J’en avais rêvé, mes collègues l’ont fait ! Le trail des burons me trottait dans la tête depuis sa création. Mes collègues, le sachant, m’avaient offert un dossard début juillet… Pas le choix, on oublie la vilaine entorse et on se remet au boulot… avec plaisir !

Ayant axé l’essentiel de mes vacances alpines sur le D+ (n’en déplaise à mes filles) et l’apprentissage des bâtons, c’est tout à fait sereine (ou plutôt carrément pas !!!) que j’arrive sur la ligne de départ. 60 coureurs à tout casser sur le grand parcours, météo grisonnante (mais pas trop menaçante finalement), la journée promet d’être… longue…

Trail_6_Burons_1Objectif numéro 1 : terminer…

Objectif numéro 0 : passer la 1ère porte horaire au Col de Serre !

Objectif numéro 2 : rentrer pas trop cramée… A défaut de kilomètres dans les pattes, veiller à m’alimenter et m’hydrater correctement pour rentrer dans de bonnes conditions… Je compte sur mon expérience de l’effort long pour y arriver.

Départ plutôt pas trop mauvais, des jambes qui répondent présentes, la journée va être… chouette. Au 1er ravito, je retrouve 3 filles parties devant moi. Autant dire que pour une fois que je suis bien placée et que je me sens plutôt bien, d’autant qu’Alex et les filles viennent de surgir à quelques encablures. 2 brunes, 2 blondes, n’en déplaise aux théoriciens, nous nous retrouvons toutes les 4 quelques kilomètres plus loin, perdues au milieu d’un pré à vaches avec le gars que nous allions rattraper.

Demi-tour et rappel de comportement numéro 1 : ne pas suivre celui qui me précède sans exercer mon esprit critique. Rappel fort important pour la suite… Je profite d’une pause technique choisie pour laisser filer le groupe de gazelles dans lequel je ne vois pas mon salut et je reviens à une course plus régulière et solitaire.

Enfin arrivés sur les crêtes, le drame ! Le parcours de repli a été activé, il nous faut redescendre dans la vallée… Adieu les chemins moelleux, le bitume ressurgit : redescendre pour tout remonter… Me voilà engloutissant d’une traite un sachet d’amandes et cacahuètes salées pour marabouter les crampes que je sens poindre.

Imaginez un hamster en train de courir avec un camelback, voilà, vous visualisez ! Rappel de comportement numéro 2 : veiller aux denrées et à la flotte…

Après une remontée interminable, j’arrive enfin au Col où m’attend la famille. Objectif 0 check ! Rapides mondanités, la porte horaire est passée (pour moi au moins…), je file… libérant ainsi Alex qui prend le départ du 12km à 14h30 à Riom ès Montagne. Pas d’amélioration de la météo (qui n’est pas si mauvaise cela dit, brouillard et vent sur les crêtes sans doute), nous devons vite renoncer à l’idée de monter voir au Puy Mary si le panorama est aussi beau que ce jour de juillet où… nous ne l’avions déjà pas vu !
La deuxième partie de circuit se fait sur le parcours VTT, où par ailleurs les VTT ne se bousculent pas… Et l’on pense aux bénévoles dont le travail de plusieurs mois se voit anéanti par un mauvais nuage… Un peu cassant en montées-descentes-remontées-redescentes, je joue à trappe-trappe avec les VTTistes : je te double en montée, tu me doubles en descente… Ca fait de la compagnie ! Et même que parfois on avance à l’unisson et on arrive à discuter !Trail_6_Burons_2

 Un beau passage sur une estive, au milieu des vaches (aaaaah ! ça court vite une vache affolée !) et on entame le jeu de piste final : chercher un point orange fluo sur un caillou au milieu d’un pré, aller de cailloux en cailloux, veiller à ne pas se paumer, douter, douter, rerouter le gars qui est à droite du buron alors que la trace est à gauche, rattraper la miss qui file à gauche alors que la rubalise est à droite, se souvenir du rappel de comportement numéro 1, douter, douter…

Je ne sais plus si j’ai encore 3km à parcourir où si j’en ai 10 : pour une fois que j’avais fait une feuille de route (pifométrique, certes !), je ne sais plus où j’en suis, j’ai fait mes calculs mais qu’en est-il avec toutes les modifs de parcours ??? Suis-je juste au-dessus de Riom ? Dois-je descendre tout droit ? Prendre ce chemin à droite ? Aller, revenir, repartir, retrouver le gars de derrière qui partage les mêmes hésitations mais a l’air de mieux connaitre les lieux, j’aurais préféré une autre fin.

Terminer enfin : 67km et presque 2300m de D+. Contente d’avoir survécu, satisfaite d’avoir bien géré, un peu déçue de n’avoir pas fait le tour prévu, touchée par la présence de la famille et la fierté des fifilles.

De son côté, Alex a bien gazé sur le 12km, dont le balisage approximatif a aussi fait grincer pas mal de dents avec beaucoup d’erreurs d’aiguillages entre 12 et 24. Il termine 38ème.

Les objectifs sont remplis. La truffade est bienvenue, les coureurs un peu fourbus. Douze heures après, le soleil est de retour et nous offre un petit dej panoramique au Pas de Peyrol. Monter au Puy Mary, coûte que coûte, même en mode mémé… puis retourner à la maison préparer la rentrée… Ca c’est un week-end comme on les aime

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Actu Cécile J