L'UTPMA est le grand RDV cantalien de l'année, avec 3 belles courses au programme dont l'ultra de 105 km . 3 XTTR étaient présents : Françoise et Olivier B sur l'ultra et Magali S sur le marathon de 49 km. Chacun nous livre son récit de son ultra en terre cantalienne !

 Utpma_OBSeul objectif de l’année pour l’instant, l’utpma allait être pour moi un juge de paix, tant au niveau physique (mon dernier ultra remontant à 2012), que santé ( ce satané pied qui me fait mal depuis 3 ans).

Un entraînement bien moins soutenu et conséquent que d’habitude, pour éviter les blessures et l’usure, ne me rendait pas pour autant serein. 18h, Aurillac, un briefing à la fois sérieux sur la forme, et light sur les données exactes : ici, on ne semble pas être à quelques mètres de dénivelée en plus ou en moins. Le parcours est annoncé avec un peu moins de dénivelée ( soit un peu moins de 5600) mais plus technique avec des surprises !
Sur la ligne de départ, je discute quelques instants avec Françoise (Baubet), qui semble déjà concentrée sur sa course. Elle est équipée d’une puce de suivi GPS (l’apanage des grande !) .

Minuit, le départ est donné.

Françoise et moi partons vite, placés devant, par choix pour ne pas être gênés ensuite. Ça au moins, ça fonctionne. Je ne serai jamais vraiment gêné. A par cela, le début est un peu difficile, sur un parcours assez roulant, mais avec un rythme soutenu, à froid, qui surchauffe les jambes. J’arrive au premier CP ( Velzic, 17 kms) en 1h47, et refais le plein.

La section suivante, jusqu’à Mandailles, s’avère plus difficile que je ne le pensais, ce qui m’oblige à sortir les bâtons plus vite que prévu. La montée au Chavaroche est longue (+ 700m), mais succède à un passage sympa le long de la Jordanne, entre singles et ponts de bois. La redescente sur Mandailles, en revanche, est épique : tout droit dans une pente de ouf, sur une herbe fraichement tondue !!! Un seul enjeu ici, ne pas s’en mettre une … Ca promet !

La troisième section (Mandailles – le Lioran) doit être la plus compliquée, et cela se confirme. Aux longues montées vers le Puy Mary puis le Peyre Arse, se succèdent des descentes techniques et caillouteuses tout aussi éprouvantes. Impossible de se relâcher, ce qui finit par être véritablement usant. J’arrive au Lioran fatigué, tant nerveusement que physiquement, mais motivé. Le soleil s’est levé sur le plus grand volcan d’Europe, les vents balayent les crêtes, l’ambiance est sympathique.

On repart ensuite vers le col de Rombière puis, miracle, nous retrouvons des descentes trail dignes de ce nom : on peut enfin courir. Le moral revient et je connais pendant 25 kms une  sorte d’euphorie ou tout semble rouler tout seul. Le rythme n’est pas très soutenu, mais l’allure régulière et le moral au beau fixe. Je remonte peu à peu des concurrents qui semblent à la peine. Seul point noir sur cette portion, les concurrents du marathon nous rejoignent au pied du Griou. Ils viennent à peine de partir, et leur rythme est bien sûr plus rapide que le nôtre. Je m’écarte régulièrement pour laisser passer, mais constate une nouvelle fois que trail et savoir vivre ne vont pas forcément de pair …1/15 environ me remercie de m’être écarté, au risque de me tordre la cheville…Et franchement, ça me met hors de moi.
 Peu de temps avant le Perthus, Magali (Salavert), inscrite sur le marathon, me  double. 2-3 mots, une bise collante car je suis en sueur et c’est reparti. Un peu plus loin, c’est François (Lesca)  qui m’interpelle, alors qu’il encourage les coureurs. Encore plus loin, alors que je rejoins une intersection que j’ai loupé ( j’ai gagné 600m de plus…), c’est Sylvain (Rouanet ) puis Stéphanie (Esquit) que je rencontre. Ça fait du bien au moral et plaisir de voir des têtes connues.
Enfin, les 10 derniers kilomètres se font au moral, car la fatigue est bien là, et puis ça n’en finit pas de remonter dans ce pays. Les glaciers auraient pu en raboter un peu plus !!!
J’arrive à  Aurillac en 17h42, 48ème de la course (sur 484 partants),après une course faite seul et sans assistance,  satisfait et cuit….

 Françoise, qui a mangé sa puce pour rester incognito et ne pas figurer sur les classements par modestie, passe la ligne d’arrivée en 18h10 environ. Elle a parfaitement géré sa course et finit première féminine. Un grand bravo à elle.
Une course à vivre, superbe, si on aime le technique et les descentes raides, et une course très bien organisée, avec plus de 400 bénévoles pour faire marcher la machine ! Merci les cantalous….mais la prochaine fois, balayez un peu vos chemins : ils y a trop de cailloux et ils sont difficiles à courir sur leurs première partie !

Françoise finit belle 1ere de son 1er ultra ... elle nous livre son ressenti en quelques mots : UTPMA_FB_2
J’ai ADORE : 

- Les sentiers techniques, les singles hors-piste

-  Les montées « proverbe chinois applicable au Cantal : Quand tu es arrivé au sommet de la montagne, continue de grimper

-  Le show du départ

- Le soleil

-  L’horaire du départ

- Les bénévoles aux petits soins des coureurs

- Les vaches dans les estives

-  Le graal de l’arrivée

- Je passe première fille dans la montée de rombière

Je n’ai pas AIME

- Les 20 derniers kilomètres avec des faux plats montants ou j’ai ramé 

-  La puce qui m’a bloqué l’estomac, je n’ai pas profité des ravitos gargantuesques !

-  L’horaire de sorties de boite (5 h du mat) car gros coup de barre, à Mandailles il y a du bon café !

Une course qui restera gravée à vie, on puise et on va chercher de l’énergie dans tous les recoins du corps, et  pour tout traileur c’est déjà une victoire de terminer.
Merci à tous pour vos encouragements et  messages