Pascal, Christophe et moi embarquons sur le vaisseau de Pascal vendredi 01 mai, direction Greysonney en Italie, point de départ du 20è trophée Mezzalama 2015.

Déluge de de pluie tout au long du trajet : ça promet. Lors du briefing du soir, le météorologue local nous annonce une fenêtre météo le lendemain entre 8h et 16h… difficile à croire mais nous n’avons pas d’autre choix. 

Mezalama_1Samedi 02 mai, lever à 3h du matin, mise en place officielle pour vérification des ARVA à partir de 4h15. Le départ est retardé de 30 min. Première bonne nouvelle : il ne pleut plus, mais on redoute les premières hauteurs car ils prévoir 80 kms/ h de vent et une température ressentie de – 24° ! Le départ est donné à 5h30, de Gressonney , 1637m, pour un parcours inversé par rapport aux éditions précédentes, . On s’élance, à pieds, pour 500m en courant (les mètres italiens doivent faire plus que les nôtres !). Le troupeau est jovial, quoi que concentré, mais encore en forme. Comme prévu, avec tout ce monde, on a du mal à se suivre. On grimpe, assez raide au départ, puis on s’attend après une dizaine de minutes. Nous savons que nous avons moins de 3h pour rallier la première barrière horaire au refuge de Mantova (3500m). La montée est une alternance de pentes moyennes et de faux plats. L’allure est soutenue pour nous et pas possible de parler (sauf pour les italiens qui parlent quelques soient les conditions !). Le vent se lève et il commence à faire vraiment frais. Je suis impressionné par la densité des participants. Si chez nous,en auvergne  le cordon se forme rapidement, ici, le groupe avance ensemble sur de larges pistes et personne ne semble  vouloir faiblir. 

Petit arrêt juste avant le refuge pour s’habiller, puis nous passons la première barrière en 2h52 (petite marge, bien ténue, sachant que la deuxième barrière semble plus difficile à atteindre….) . Nous repartons au mieux, sous le soleil et les bourrasques de vents. La neige se fait plus dure mais ne pose pas trop de problème d’adhérence. Nous nous accrochons et montons toujours à un rythme qui pour nous est soutenu .Les premiers effets de l’altitude se font sentir. Ca avance un peu moins vite et lorsqu’on se retourne, le groupe de derrière est bien moins nombreux que celui de devant, car nombre d’équipe s’est fait arrêter au premier refuge. 

Nous arrivons au pied du couloir devant nous mener au Naso du Lyskamm (4100m). Nous mettons les crampons acier (un peu long mais très efficaces une fois aux pieds), et débutons notre ascension. Et là, grosse galère : ça part sur trois files, pour se resserrer sur deux, entre neige et rochers… Arrêt obligatoire. Nous n’avançons pas, ça pousse un peu pour garder sa place : du grand fair play…

Du coup, la pendule avance sans que nous ne puissions y faire grand-chose. A l’analyse des données enregistrées pas Pascal, nous sommes à 0 km/h pendant 26 min…. C’est dire notre vitesse de progression. Enfin en haut, nous redescendons en crampons pour attaquer une partie bien pentue. Nous sommes longés, encordés bien sûr, et de nouveau bloqués !!! Ca n’avance pas, sauf le chrono…qui lui reste imperturbable. Seul point positif, c’est la possibilité offerte d’admirer les paysages glaciaires magnifiques, faits de crevasses largement ouvertes et de glaciers suspendus. A couper le souffle !!!

En fin de descente, nous remettons les skis et filons vers le refuge Quinto stella, deuxième barrière horaire. Nous arrivons en 6h37, alors que la barrière horaire a été fermée à 6h30 de course. A la lecture des résultats, une équipe italienne est même passée en 6h32. On loupe de 5 min après 6h30 de course, ce qui s’avère très rageant, avec  ces bouchons à faire rougir les ralentissements autoroutiers des week-end  de vacances,…Mezalama_3

Enorme désillusion !!! Nous sommes au bord de la déprime … Heureusement, on nous autorise à poursuivre le parcours sous notre responsabilité. Après quelques minutes à digérer ce coup dur, nous repartons. Le rythme est alors résolument tranquille, car les forces nous manquent, il n’y a plus d’enjeu, et nos motivations et envies divergent quelque peu. Mais qu’importe, notre cordée est et restera soudée jusqu’au bout, et nous nous soutiendrons mutuellement, ce qui est déjà une belle aventure. 

Direction donc vers la pointe du Castor (4226m). Visuellement, cela semble assez proche. Une montée assez longue au départ en ski puis crampons, avec un passage superbe en crête, avec du gaz de chaque côté et les crevasses en dessous pour vous croquer en cas de chutes. Sympa mais gamelle interdite ! Puis une légère descente longeant le glacier avant de remettre les peaux en direction du col du Breithorn (3848m). Quelle est longue cette remontée !!!! Heureusement, nous avons à vue les dernières équipes qui ont passé la barrière horaire et nous nous y accrochons. Maigre consolation, convenons-en !

Enfin au col du Breithorn. Nous entamons la seule vraie descente du parcours, sous la neige désormais revenue et le jour blanc (trop fort ce météorologue italien, tout juste !). Et là, malgré la fatigue, les conditions de visibilité moyenne, le moral dans les chaussettes, nous faisons une super descente. 1800 m. presque non-stop. Nous doublons plusieurs équipes, ce qui nous fait à la fois du bien et augmente notre amertume. Hors classement, nous franchissons quand même à 3 la ligne d’arrivée…

Au final, et en conclusion : la déception de ne pas être passé dans les temps est réelle, même si nous n’en parlons pas trop. Pascal et Christophe ont déjà terminé cette épreuve une fois. Pour moi ce ne sera pas le cas… Vraiment difficile physiquement. L’heure de la retraite est proche ! Ça restera malgré cela une extraordinaire aventure humaine et une belle expérience sportive, de haute montagne. Merci à Christophe et Pascal pour ce moment de sport partagé. Et merci d’avoir malgré tout décidé de finir le parcours ensemble. Ca, au moins, on l’aura fait. 

Classement : 22 pays représentés (il y avait même des russes !), 3850m de dénivelée positive,  264 équipes au départ, 185 équipes classées pour la totalité du parcours. Nous sommes classés 219è . Nous finissons en fait en 11h40 derrière l’équipe 267 (181è). Grrrrr…. !!!!

 Premiers hommes : Matteo Eydallin + Michele Bocacci + Damiano Lenzy en 5h10 (Italie)

Première équipe féminine : Emilie Forsberg (SE) + Axelle Mollaret (FR) + jennifer Fieschter (SUI) en 6h35 !!!!

 

Actu Olivier B