En mai, fais ce qu’il te plait. » Ben moi, j’ai envie de faire de la CO....Déjà parce qu’il y a des weekends de courses organisés de partout ; parce que c’est en forgeant qu’on devient forgeron et que les courses il y a rien de mieux pour vérifier si les routines d’orientation sont en place et surtout parce que c’est cool comme sport !

Du coup l’objectif de mai c’est de maximiser le nombre de courses jusqu’au championnat de France de longue distance (LD) à la fin du mois, et en même temps de se préparer niveau rythme pour le Lozère trail début juin.

Étape 1 :

CO_1Week-end du 29 au 1er mai. Bon je sais c’est pas complètement en mai, pourtant 3 LD en 3 jours ça pouvait pas se rater. La première en montagne de Reims bien physique et avec une portion de micro relief sympa, et une victoire dans la catégorie et au scratch à la clef. En plus les membres de l’ASO sont très accueillants et la Champagne c’est joli.

Le lendemain on décolle avec un copain pour les championnats de ligue Ile de France de LD juste à côté de la maison. Carte au 15000, tracé qui tournicote dans tous les sens, interpostes avec des choix multiples ou qui nécessitent de bien coller au trait violet, c’est trop bon ! Mais la longue c’est long et sur la fin je suis au taquet physiquement et en orientation à tel point que j’arrive tout juste à ma caler sur des trucs évidents comme une limite de zone découverte / forêt… Je m’en sors pas mal malgré tout en gagnant en H21 et en faisant 5ème du circuit avec les H20 élites.

Troisième jour du weekend, donc troisième course et donc troisième longue. Bon là ça faisait un peu trop j’aurais pas dû. La foret du côté de Pierrefonds dans l’Oise est belle à courir (relief soit plat soit très marqué ; zones marécageuses, buttes en pagaille) mais sans la forme même l’orientation se dégrade. Je réalise ma course sans être capable de savoir à tout moment si je suis en survitesse ou si le poste à venir est facile, toujours dans le flou quoi. Je termine 9ème sur 27 avec une quantité d’erreurs énorme, décevant mais au moins j’aurais fait un bon weekend de charge.

Étape 2 :

Back in Auvergne pour le si réputé weekend Vulcan’O organisé par Balise 63. Trois courses aussi mais cette fois les formats sont différents avec une moyenne, une longue et un sprint. Les terrains vont être difficiles techniquement dans les cheires et je vais pouvoir m’inscrire sur du noir, niveau de difficulté que les organisateurs peuvent rarement proposer vu qu’il faut la carte qui va bien pour le faire. En plus, il devrait y avoir du monde du club qui vient courir.
 
La moyenne se déroule sous la pluie histoire de transformer les cheires dont l’ambiance est mystique sous quelques rayons de soleil obliques en un endroit lugubre et austère. Mais ce que les coureurs retiennent le plus finalement, c’est le tracé avec une accélération progressive du rythme du difficile techniquement vers le super rapide. La fierté est systématiquement au rendez-vous quand on sort sans faire PM d’une course comme celle-là fournie en postes qui peuvent rendre fou.

D’ailleurs, c’est la dure loi des terrains auvergnats mais les PM ont eu leur petit lot de coureurs du club : Mathieu L. sur le orange et sur un tout petit poste seulement en plus, Cathy qui a besoin d’un trait entre chaque poste pour bien savoir ou aller ensuite, et Caro G. qui s’est un peu enflammée et je cite « n’a pas vérifié le code que sur celle-là »… Chacun se fera son avis. Isa en revanche a tout pris sur le jaune, en décodant la carte en moyenne tous les 10m et surtout en ne courant jamais parce que dans les cheires c’est de la folie. Perrine aussi a bouclé le jaune mais n’en revient toujours du nombre de murets que les anciens avaient battis dans ces coins reculés. Sur le violet, trois valeureux sont rentrés sains et saufs : Steph 35ème et deux dixièmes perdus à chaque œil, Laeti 43ème tout en sachant que ces deux-là ont fait un bout de course ensemble par sécurité et parce que deux cerveaux valaient mieux qu’un seul ; et Bob 41ème qui a réalisé qu’il avait passé l’âge de courir sur des cartes de microrelief imprimées au 10000.CO-3

Robin boucle le orange sous l’heure de course, sans être classé vu qu’il a passé le weekend à l’orga et donc à la pose, dépose, accueil, parking… Pour ma part, je sors du noir assez satisfait (18ème/67), les sensations sont bonnes mais deux belles erreurs qui sont dures à réguler sur ce terrain me rappellent que là faut toujours coller à la carte (ah oui c’est vrai).

Dimanche la longue se passe vraiment moins bien dans mon cas avec des vols comme j’en avais pas eu depuis un moment. Dommage, le reste de la course j’ai plutôt des sensations de vitesse et d’enchaînement. Moralité du weekend pour moi, le noir c’est vraiment dur surtout parce que ça pardonne vraiment pas ! Steph en revanche parvient enfin à courir aussi vite qu’un enfant de 14 ans, c’est plutôt bien : il termine 2ème du orange long.Robin termine 5ème, Laeti 15ème et Mathieu 16ème. Perrine maîtrise son niveau bleu, même chose pour Cathy et Caro sur le orange court. Avec deux styles cette fois proche, elles finissent presque dans le même chrono (respectivement 1h15 et 1h19). Caro s’est concentrée pour coller à la carte et elle se révèle capable de resituer la moindre dépression ou le moindre sommet, c’est mieux que courir dans tous les sens dans la forêt. Cathy a compris ça il y a bien longtemps et l’impératif de l’économie d’énergie implique une précision redoutable dans l’approche des postes ! Bob en petit joueur choisit le noir court, ses yeux sont sans doute encore fatigués de la veille. Il tourne en 1h pour se placer 22ème sur environ 70 coureurs, beau résultat. Willy et Bertrand se montrent plus téméraires et dans leur préparation intensive des raids à venir s’engagent sur le noir long qui les monopolise un bon moment dans cet environnement hostile en dépit duquel ils bouclent ce circuit, à savoir le plus dur et le plus long.

Le sprint du lendemain à Pontgibaud attire beaucoup moins de coureurs, du club y compris. La traditionnelle Tazenat fait pencher le cœur de certains du côté du VTT. Le tracé était pourtant particulièrement rythmé et  fourni en pièges et passages invisibles à pleine vitesse, un régal ! On peut féliciter Robin qui a clôturé avec brio sa formation de traceur régional par le traçage de cette pépite. Mathieu vient faire sa troisième course du weekend pour pousser jusqu’au bout l’expérience de la vulcan’O et repart aussitôt, pressé par son astreinte. Caro et moi nous faisons maintenant la course puisqu’une fois n’est pas coutume on est sur le même circuit. Je réussis à la doubler au second poste (youhou !) mais elle me bat sur un interposte : son contrat est rempli, ça court vite ces petites cannes ! Je me dépatouille pas trop mal en finissant 4. Le sprint à chaque fois ça me réussit, faudrait que j’en fasse plus tiens ! CO_4

Étape 3 :

Direction le Cotentin pas si loin de chez ma dulcinée pour un weekend affreusement court (deux jours seulement) mais qui contient encore une fois trois courses : MD samedi après-midi et sprint nocturne samedi soir, puis LD le dimanche matin : ça va piquer ! Je suis d’autant plus excité que l’on va courir sur des terrains dunaires la MD et la LD : nouveau type de carte en perspective… Malheureusement, l’orga est contrainte d’annuler la longue l’avant-veille de la course avec pour cause le retrait de l’autorisation de course accordée par le conservatoire du littoral, pas cool…
 
C05La MD est superbe avec du microrelief dunaire, une vue récurrente sur la mer Manche ; et des bosquets, buissons, clôtures qui exigent de lire à distance les éléments sans jamais voir les balises bien abritées des regards. Le tracé est très physique et mine bien les jambes. Je suis content de mon résultat : 12ème sur environ 70 coureurs et un niveau assez élevé.
Le sprint nocturne, en dépit d’un petit couac désolant (vol d’une balise rapidement retrouvé dans une rivière) se déroule bien aussi. Il permet de se souvenir des petites évidences qui pourtant surprennent sur le coup : la nuit on y voit moins bien, en sprint les postes défilent très vite, rien ne ressemble plus à un talus qu’un autre talus… Je m’en sors bien avec une deuxième place sur une cinquantaine de coureurs, décidément les sprints ça me réussit.

Le dimanche, faute de course annulée dans le Cotentin, on va trouver avec Caro une petite épreuve locale et sympathique du côté de Rouen, au cœur des parcs et jardins de Grand Quevilly. Le concept est trop bien : réaliser des sections chronométrées au doigt électronique alternées avec des sections chrono gelé et donc tranquillou mais toujours en orientation. Cela permet de se déplacer en ville de parc en parc sans se faire écraser par une voiture que l’on n’aurait pas vue absorbé par la course ; ce qui serait, avouons-le, plutôt désagréable. Je termine premier mais je suis surtout content d’avoir pu alterner des moments de course seul et la progression avec Caro ensemble sur les zones non chronométrées. Merci au club organisateur, l’ALBE, pour cet évènement sympa et pour leur accueil.


Étape 4 :

Co_6Deuxième weekend normal consécutif, on s’y fait petit à petit. Et seulement deux courses au programme ! Mais le dimanche ce sera Fontainebleau pour une régionale LD, donc terrain exceptionnel… Et samedi MD dans le bois de Vincennes : allons voir ce que ça donne l’orientation dans le 75…

Des sentiers dans tous les sens grâce (à cause ?) des joggers, un terrain qui oscille entre le parc et le bois, des zones privées qui occupent 40% de la carte. C’est donc ça l’orientation dans le département de Paris ! Le tracé est typé MD mais sans grande densité de postes pour conserver des choix dans chaque interposte, c’est sympa et ça court très vite d’autant que c’est plat. J’ai du mal à rentrer dans cette carte assez spécifique (fautes sur la 2 puis la 4) et reste au ralenti tout le début de la course. Finalement, quand je comprends comment ça fonctionne ça va plus vite. Bilan : 7ème malgré des machines qui ont fait le déplacement sur cette départementale, je suis plutôt content du résultat. Par contre les sensations sont très moyennes parce que mes erreurs me coûtent cher et je ne les régule pas assez vite.
On sait par avance que la course du lendemain sera technique, comme toujours à Bleau ; mais on ne s’attendait pas à ce que le traçage mette encore plus en avant la technicité du terrain. La distance de course est importante également… ça promet !
 
Finalement je refais une course identique à celle de la veille, avec des difficultés à rentrer dans la carte et des énormes fautes sur la 1 et la 4, puis une accélération progressive du rythme dès que je comprends la carto, le traçage, le terrain. C’est dommage parce que je laisse 17’ sur ces deux postes. Je fais des bêtises ailleurs mais rien d’alarmant pour moi sur ce terrain, par contre ces deux-là mettent un coup au moral et au résultat (21ème sur 38). Heureusement, comme toujours après une course là-bas, je profite du coin pour aller faire un peu de bloc, et cette fois ci au site bien nommé de l’éléphant !

Étape 5 :

On arrive au tant attendu weekend des championnats de France de longue distance et de relais. Je ne suis inscrit que sur les deux courses du prologue : un sprint le jeudi et une MD le vendredi. Pas de relais mais surtout pas de championnat de France de LD parce que je ne me suis pas inscrit assez tôt… Oups la boulette.

Pas grave de toute façon de ne faire que deux courses ce weekend vu les sensations vraiment moyennes du weekend précédent… Bob et Ren devaient être présents aussi sur la moyenne et la longue, mais Bob a dû déclarer forfait parce qu’il était malade. Mais le plus dramatique c’est que je n’ai même pas réussi à voir Ren ou tout autre membre d’un club Auvergnat sur deux jours, trop de monde dans l’aréna c’est pas possible. Elle était pourtant là je l’ai vu dans le classement du championnat de France de LD : 7ème. Bravo !

CO7Le village de Châteauneuf en Auxois accueille le sprint. Il est très joli et idéal pour faire une CO mais beaucoup trop petit, ce qui explique une majeure partie du tracé dans le bois environnant. La course est sympa malgré un manque de choix sur beaucoup d’interpostes. Alors que j’apprécie les sprints, je passe complètement à côté de celui-là, dur pour la confiance mais c’est le jeu ! Espérons que je sorte de la série noire le lendemain. Et le bilan n’est pas que négatif puisque les glaces et les bières sont bonnes en Bourgogne… En photo : le genre de balise qu’on adore trouver !

La MD se déroule sous un soleil de plomb qui permet de réaliser à quel point les forets ont un rôle de climatiseur naturel appréciable. On a l’impression d’être un poulet rôti dans les seuls passages découverts de la course. On demanderait presque qu’à n’évoluer que dans la végétation très dense. Je réalise comme à mon habitude ces derniers temps une course plutôt rapide et fluide sauf sur 3 postes qui me coûtent très cher encore une fois : j’hésite sur le 2 et ne l’assure pas alors qu’il aurait fallu pour bien rentrer dans la carte (encore ce problème), puis gros cafouillage sur le 12 et 13, parce que sinon c’est pas rigolo. 8’ perdues cette fois-ci, il y a des progrès en fait ! Résultat : 44ème sur environ 100 coureurs, pas si mal pour du niveau quasi national mais les erreurs se payent encore plus vite sur ces courses-là. La vallée de l’Ouche qui accueille l’ensemble des courses du championnat ou hors championnat est vraiment un très beau coin à visiter, tout comme les caves voisines !
 
Cette course aurait dû être la dernière d’un mois de mai déjà bien rempli, mais la possibilité d’une 14ème course s’est présentée le jour du sprint. Un club normand (le COBS) m’a sollicité afin que je remplace un de leur relayeur blessé dans une équipe open du championnat de France de relais. Je connais certains des membres du club pour avoir couru chez eux quelques fois et l’envie de faire un relais me démange alors je dis oui.

Ce format de course est très stressant avec un départ en masse, une attente angoissante pour prendre le relais, une envie de bien faire pour ne pas pénaliser son équipe. Ça fait bien longtemps que je suis pas monté en pression à ce point-là pour une CO ! Le premier relayeur me donne le témoin en quatrième position (sur 45 équipes). Super, ça met pas de pression supplémentaire c’est ça qui est bien ! En plus, après une bonne entame de course, je rate la 4, et donc aussi la 5 logique, puis la 7. C’est fatiguant de refaire toujours les mêmes erreurs, alors que je sentais parfaitement que j’étais moins précis et que je ralentissais pour éviter de me planter… Je reste quand même bien mobilisé et concentré et vais assez vite sur le reste de la course (au final 11ème temps sur environ 120 coureurs) pour donner le témoin au troisième relayeur en 3ème position. On terminera au final 4ème du relais, cool !

Maintenant, repos pour bien finir de préparer le Lozère trail et surtout on arrête la CO jusqu’à la phaCOcheire parce que du repos s’impose pour les méninges !

David V